La dernière vespasienne de Paris

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La dernière vespasienne de Paris, vestige d’une autre époque trône (pas très) fièrement au milieu du boulevard Arago, en face de la prison de la Santé. Aujourd’hui, curieux, amoureux d’histoires ou simples badauds flânent devant l’édifice sans vraiment sourciller. Pourtant, l’ancêtre des pissotières a de nombreuses histoires à raconter. Petite pause « histoire » à lire au cabinet pour se la raconter au prochain dîner !

Introduites dans les années 1830’s pour palier au manque de pudeur et d’hygiène des Parisiens par le comte Rambuteau qui en fait installer 478 sur les trottoirs de la ville. A cette époque, ces sanisettes font aussi office d’affichages publiques. Un peu de lecture au cabinet en somme… Malgré cette bonne et intemporelle association, on dissocie dès 1860 les sanisettes et les désormais fameuses colonnes Morris, dédiées à la réclame publique.

Urinoir triplace, avenue du Maine, Charles Marville, vers 1865

Plus que de simples lieux de soulagement, ces édifices en fonte, métal forgé et arabesques d’émail deviennent des lieux de rendez-vous, notamment lors de la Seconde Guerre mondiale. On raconte ainsi qu’à l’écart des regards indiscrets les hommes en rencontrent d’autres, parfois lors de séances tarifées, parfois non. D’autres affirment que les Résistants les utilisent pour s’informer et se retrouver tapis dans l’ombre de l’ouvrage.

Boulevard d’Italie, Atget, 1898

Modernisme aidant, les vespasiennes parisiennes sont petit à petit rayées de la carte : de 1200 en 1930, on en compte 329 en 1966 puis deux (dont une dans le 16e démolie à la demande – pressante – des habitants) et enfin une seule en 2019.  

Dernières vespasienne de Paris
Boulevard Arago – Paris 13
En face de la prison de la Santé