La Bièvre : ce que vous ignorez sur la rivière disparue de Paris

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Bonne nouvelle, la Bièvre devrait bientôt retrouver son lit parisien ! Le Conseil de Paris a voté pour sa « réouverture ». Pour fêter ce chouette projet, voici ce que vous ignorez sur la rivière disparue notre chère capitale.

La Bièvre, la rivière méconnue et enfouie depuis plus de 100 ans sous les pavés et le béton parisien, va à nouveau couler à nos pieds. C’est en tout cas le voeu qui a été voté au Conseil de Paris mercredi 7 octobre 2020. Pour célébrer cette bonne nouvelle, Coolmag Paris vous livre 4 anecdotes que vous ne savez pas sur le deuxième cours d’eau naturel de Paris. Plouf !

Pour l’instant il ne s’agit « que » d’une « étude de faisabilité » visant à « montrer quels tronçons pourront être découverts de ce cours d’eau qui coulait autrefois à travers, selon les repères d’aujourd’hui, du parc Kellerman (13e) au Jardin des Plantes (5e), en passant notamment par l’arrêt de métro Glacière » détaille CNEWS. Simple étude ou pas, ici on se réjouit de faire renaître des traces du passé, ne serait-ce qu’une parcelle.

Une rivière privée

Aussi cocasse que ce soit pour nous aujourd’hui, la Bièvre était une rivière privée. Son entretien incombait ainsi aux propriétaires riverains de son lit : Port Royal, rue des Cordelières, Croulebarbe (rigolo comme nom), Boulevard Blanqui, Poterne des Peupliers, Gobelins, Square René Le Gall… 

Trop sale pour subsister 

Si la couverture totale de la Bièvre parisienne ne sera achevée qu’en 1935, une pétition de riverains met déjà en évidence l’insalubrité du cours d’eau dès 1875. 

La rivière des Gobelins, comme on l’appelait jadis, a, depuis des siècles, mauvaise réputation. En cause, les métiers d’antan de Paris : tanneurs, mégissiers, bouchers, cordonniers, brasseurs, manufacturiers, bonnetiers, tisserands etc. y jetaient alors leurs déchets. Résultat, les oiseaux ne chantent plus aux abords du ruisseau. Pire encore, « ces activités entraînent une pollution de plus en plus inacceptable à une époque où apparaît l’hygiénisme » relate une étude de l’APUR sur une éventuelle renaissance de la Bièvre à Paris, publiée en 2001.

Tous les moulins de la Bièvre 

Montmartre n’a pas le monopole des moulins. Dès le XIe siècle, la rivière oubliée va engendrer la construction de nombreux moulins dans le Sud de Paris (à eaux donc) : moulin de Croulebarbe (encore lui), moulin Saint-Marcel, moulin des Merveilles, moulin de la Pointe, moulin des Près, le moulin Vieux…  Aux vents des quatre saisons la Bièvre faisait tourner de son nom tous les moulins de Paris.

Bonus : L’étude APUR précise que « la première activité présente aux abords de la Bièvre dans Paris est celle des carrières de calcaire ». Si vous ne devez retenir qu’une seule phrase de cette petite session Histoire(s) de Paris c’est elle. Efficace pour briller en soirée. Ne nous remerciez pas !